Vulnérabilité.

Indicible éternité.

Tant de Joie…

La matière conspire.

Eloge de la fragilité.

Villa Magnier, juin 2024

L’homme de l’abbaye.

L’énergie dans le corps

L’énergie dans le corps.

Il s’agit d’un sujet complexe car le terme même d’énergie est bien dévoyé :
employé comme un mot « fourretout », il finit par ne plus avoir vraiment
de sens.
Apportons quelques notions de physique pour éclaircir ce mot.
1. L’énergie en physique.
➢ La notion de puissance.
En physique, il existe une grandeur appelée puissance, P (en Watts).
Elle a des expressions différentes selon qu’elle désigne une puissance
mécanique, thermodynamique, électrique, etc.
Cette notion exprime la possibilité d’agir en ce monde directement ou
indirectement.
➢ Energie et puissance.
Le monde phénoménal fonctionnant dans le temps, la puissance a besoin
de temps pour s’exprimer. On introduit alors logiquement une autre
grandeur, l’énergie, W (en Joules).
➢ L’énergie, c’est simplement la puissance multipliée par le temps : W = P . t
Cette formule exprime littéralement que notre puissance d’action
s’exerçant dans le temps, manifeste de l’énergie.
2. L’énergie dans le corps.
➢ La notion de chakra.
Ce thème demanderait un volume de l’encyclopédie Universalis !
Pour économiser une étude fastidieuse, abordons cette notion à partir du
Yoga : en Yoga, nous avons un outil efficace pour traiter cette notion
d’énergie, c’est la modélisation des chakras.
Le Yoga considère 12 chakras fondamentaux, disséminés depuis les pieds
(chakra racine) jusqu’au sommet du crâne (sahasrâra chakra) en passant
par la colonne vertébrale. Ils sont localisés en des points du corps que
l’on peut facilement identifier par des sensations.
Par exemple, lorsqu’on a une peine de cœur, nous avons le cœur serré
(Anahata chakra, chakra du cœur). Un désir sexuel amène de la chaleur
principalement entre les jambes (swadishthana chakra, le chakra de
l’énergie sexuelle), lorsqu’un évènement contrarie nos plans, nous
pouvons avoir un refus de la situation qui se somatise plutôt dans le
ventre (manipura chakra).
L’énergie dans le corps.
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➢ Evolution de l’énergie dans le corps.
La modélisation des chakras comme étant des lieux privilégiés de
l’énergie, permet de proposer une vision d’évolution ou d’involution de
l’énergie.
Cette proposition n’est pas une théorie de plus mais correspond au
ressenti intime, gout de véracité, qui ne manque pas d’accompagner le
pratiquant de Yoga en chemin vers son intériorité.
Une image permet de mieux saisir l’aspect transformation du processus.
Pour chauffer de façon grossière et simple, on emploie du fioul, dérivé peu
raffiné du pétrole. Pour faire rouler un camion, il faut du gasoil, qui
provient aussi du pétrole mais qui plus raffiné que le fioul, celui-ci ne
permettant pas de mouvoir un camion. Pour faire rouler certaine voiture,
il faut de l’essence qui est encore plus raffinée.
Lorsqu’on raffine encore plus le pétrole, on obtient du kérosène un
carburant très subtil qui permet de faire voler les avions, ce que ne
permet pas l’essence .
Il en est de même pour le corps humain : cette image indique que selon ce
que nous désirons faire, il nous faudra une source d’énergie plus ou moins
raffinée.
3. Le but de l’énergie dans le corps.
➢ Les potentialités du corps.
Pour fonctionner physiquement de façon basique, une énergie grossière (ce
n’est pas péjoratif mais descriptif) est juste nécessaire. Pour être en
relation avec une implication émotionnelle ajustée, une énergie bien plus
subtile est pertinente et pour utiliser le cerveau de façon fine, il faudra
que le corps élabore des substances très raffinées.
Pour accéder en nous à des fonctions intuitives profondes, il faudra que le
corps métabolise des énergies particulièrement subtiles qui se
cristallisent suite à des pratiques particulières en Yoga ou dans d’autres
arts sacrés.
➢ L’activation de fonctions élaborées.
Le corps peut alors être envisagé comme une raffinerie destinée à élaborer
des substances de plus en plus fines. En bout de chaine d’élaboration,
certaines substances peuvent à nouveau enclencher chez l’être humain
des fonctions oubliées de notre civilisation matérialiste, le sixième sens
en étant un bon exemple.
Ainsi, à partir du « vieil homme », peut renaitre un homme nouveau.
L’énergie dans le corps.
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4. L’énergie dans le corps mène à l’action.
➢ L’énergie est action.
Comme nous l’avons déjà vu dans la définition même de l’énergie, celle-ci
est une puissance s’exprimant dans le temps. Ainsi, l’énergie est par
essence action, une action n’étant pas forcément une action visible : selon
la sagesse Bouddhique, rester en méditation en intention de « Paix et
Amour » est plus agissant que toutes les actions visibles dans ce sens.
➢ Quelle sera mon action ?
Si nous n’avons pas pour vocation de sauver l’humanité (sinon, nous
serions Dieu et il parait que la place est prise...), nous pouvons, à notre
échelle, faire ce qui nous est possible dans le but d’améliorer ce qui est à
notre porté. Ainsi, nous participons plutôt de la guérison du monde que de
la maladie du monde : un grain de sable semble à priori négligeable, mais
une magnifique plage, n’est-elle pas l’accumulation de grains de sable ?

Résumé du stage 2: le mental, aspect émotions.

La structure du mental.

Le mental est constitué de quatre parties : Manas, Chitta, Buddhi, Ahamkara.

  • Manas est la partie du mental curieuse, toujours en mouvement, agitée.
  • Chitta correspond à la base de données  comme la mémoire d’un disque dur d’ordinateur. Aux souvenirs engrammés sont associées des charges émotionnelles sous forme de bibliothèques d’énergies cristallisées en nous en lien avec l’inconscient. Ces énergies ne sont pas neutres et surimposent leurs charges émotionnelles à la situation vécue.
  • Buddhi est l’aspect analytique fin, le discernement : il permet de poser l’action la plus adéquate en fonction de la situation.
  • Ahamkara est le sens de l’ego.

Exemple d’une  sonnerie de vélo entendue : « manas » capte le son, le transmet à « chitta », la bibliothécaire : « chitta » donne plusieurs possibilités (klaxons divers, clochettes et autres sonneries « tintantes»). Buddhi discrimine parmi ces possibilités: « c’est une sonnerie de vélo. » et transmet la réponse à ahamkara, « le patron ».

Emotion et sentiment.

Il est important de différentier les émotions,  telle qu’on les caractérise au sens habituel et qui correspondent en Ayurveda aux émotions inférieures ou grossières, des émotions supérieures qui désignent des énergies très fines.

La principale différence entre les deux est que les émotions grossières ne sont jamais neutres : elles réagissent en tant réel aux évènements alors classés comme favorables (bonne nouvelle), ou défavorables (mauvaise nouvelle).

Les émotions supérieures sont inconditionnelles : elles ne dépendent pas des évènements. Chez le Sage réalisé, les évènements n’ont pas prises sur lui, il vit dans le sentiment d’Être.

Ces deux types d’émotions sont différentiés dans de nombreux systèmes: on nomme, par exemple, les premières, « émotions » et « Sentiments » les secondes.

Lien émotion-mental.

Lorsqu’un évènement nous déplait, il y a en nous ce qu’on appel « un refus » , c’est à dire qu’intérieurement, la situation est refusée telle qu’elle est: une émotion négative apparait. Cette émotion vient activer la pensée qui va s’emparer de la situation, la commenter, vouloir la modifier dans un sens qui nous semble plus favorable. Ce processus n’apaise pas la situation et au contraire, il renforce l’émotion: les deux « entités » pensées et émotions vont créer un volant d’inertie pensées-émotions bien difficile à stopper ensuite lorsqu’il est lancé. C’est un processus énergétivore et générateur de souffrance.

De plus, l’émotion désactive l’intelligence de la pensée à poser une action permettant d’améliorer le scénario et l’aggrave le plus souvent.

Donc, l’émotion, c’est le mental, le mental, c’est l’émotion.

L’émotion et l’action: comme un signal d’alerte.

Comme, nous l’évoquions précédemment, l’apparition de l’émotion révèle un refus de la situation présente soit parce  qu’elle ne nous convient pas ou qu’elle réveille en nous un scénario douloureux issu du passé.

On peut l’utiliser comme un signal précieux qui va nous permettre de ne pas réagir aux évènements, mais plutôt de temporiser ceux-ci, si c’est possible, afin de poser une action la plus appropriée qu’il est possible sans « ajouter de l’huile sur le feu ».

AD : « Avant d’agir, vérifies l’agissant !».

L’émotion ne peut pas résoudre une situation, elle est mauvaise conseillère: elle ne peut que créer de la commotion.

Du point de vu de la Sagesse, il n’y a jamais de problème, il n’y a que des situations.

L’émotion révèle la fermeture du cœur.

L’émotion révèle un cœur fermé qui induit un sens de la séparation: le mental créé un sujet et un objet inséré dans un monde duel. A partir de ce moment là, notre monde se créé avec, comme propriété fondamentale, d’être séparé en ce qui est favorable et ce qui est défavorable comme dans une simulation où vous dépendez désormais des règles du jeu.

Il existe deux aspects du cœur: Il existe en nous un cœur profond qui peut s’émerveiller, le cœur de l’Être qui vit en dehors du temps. Il est vivant, vibrant, joyeux. Il est associé à la Paix profonde dont nous avons tous la nostalgie.

 L’autre aspect est la partie du cœur liée aux émotions : la situation est jugée, pesée en fonction de nos critères liés à nos blessures, nos conditionnements, notre environnement culturel, sociale…

Notre vie est une suite de ricochets, d’actions engendrés par les émotions du passé encore actives en nous. Il n’y a pas de degrés de liberté et la joie inconditionnée n’est pas au rendez-vous.

L’émotion révèle un ou plusieurs enfants blessés en nous.

Lorsque l’émotion apparait, c’est que la situation « a convoqué » en nous le passé sous la forme de charges émotionnelles refoulées que l’on peut faire correspondre à des évènements nous impliquant à de jeunes âges. L’émotion révèle ainsi les enfants blessés en nous.

A partir de cet instant, je ne suis plus la personne adulte du présent mais le jeune enfant convoqué par la situation…

Alors, vais-je maintenant laisser agir un tout jeune enfant dans une situation qui demande l’action d’un adulte ayant la capacité d’appréhender l’entièreté des évènements ? Par exemple, si mon fils de 6 ans fait une colère parce qu’il veut conduire la voiture de papa, vais-je l’installer au volant, passer sur le siège passager et le laisser conduire ? C’est pourtant ce que nous faisons avec nos multiples enfants intérieurs qui se manifestent à longueur de journée: nous les laissons agir à notre place, celle de l’adulte.

Que faire de ses émotions ? (ébauche du stage 3).

Les émotions demandent juste à être parfaitement écoutées pour pouvoir nous quitter : elles se comportent comme un créancier très têtu qui nous harcèlera périodiquement tant que la créance n’est pas réglée. Il y a donc une hygiène quotidienne d’écoute de l’émotion dans les situations quotidiennes de nos vies de façon à ce qu’elles ne s’accumulent pas sous forme de tension, de colère, de chagrin, de peur…

Il y a des actions à poser par rapport aux émotions du passé.

Dans le cas où l’émotion devient trop prégnante, mortifère, un lieu de parole et d’expression sera bienvenu.

Les émotions peuvent être transmutées (par exemple avec Hoja)

Il existe différentes pratiques pour métaboliser les émotions grossières en énergie subtile : soit l’émotion m’engloutit, soit, je surfe dessus pour avancer plus loin sur mon chemin.

Il existe un ensemble de pratiques pour prendre conscience des émotions, s’en distancier et les transmuter, cela sera étudié en théorie et en pratique au stage 3.

Résumé stage 1, le Mental.

Résumé stage 1, le mental, aspect pensées.

Introduction: « si ton mental vit, tu meurs, si ton mental meurt, tu vis ! »

Cette phrase forte montre qu’il ne s’agit pas d’un sujet « intéressant » mais d’un sujet fondamental…

Histoire de la création de l’ego.

  1. Atterrissage sur terre : le nourrisson est pur être.
  2. Peu à peu, le sens de l’égo apparait et avec celui-ci, le sens de la séparation: image du paradis perdu.
  3. Celui-ci se forme en 7 ans, jusqu’à l’âge de raison. A chaque année, correspond la formation d’un chakra principal.
  4. L’égo est indispensable sur terre: important que l’enfant réponde à son prénom.
  5. La pensée est utile, elle permet de prévoir une action et de la préparer de façon adéquate. Demain, je vais à Rennes, j’achète ce soir mon billet sur internet. La dernière fois que j’ai été à cette adresse, je n’ai pas pu me garer : j’y vais en métro.

La création du mental.

Au fil des premières années, avec le sens de l’ego qui se développe, vont se produire des évènements plus ou moins traumatiques. L’environnement de l’enfant va se révéler maladroit, blessant voir agressif: l’enfant passe à côté d’un chien qui lui aboie dessus brusquement, une nourrice à bout de nerf se décharge sur lui, un camarade d’école lui vole un jouet…

Ces expériences inévitables vont laisser des traces (proches des affects au sens freudien) comme des mini « bombes à retardement » prêtes à se déclencher lorsqu’un évènement similaire à ce qui les a créé se produira. Pour reprendre l’exemple du chien, à l’âge adulte la personne aura encore le ventre qui se serrera et se sentira en danger à chaque fois qu’elle passera près d’un chien sans même en être consciente: si l’évènement traumatique a été oublié, l’inconscient, lui n’oublie pas…

La personne va se retrouver au fil des ans avec de très nombreuses blessures prêtent à se réveiller en fonction des circonstances et à engendrer des pensées parasites et des comportements inadéquats, les germes du mental sont plantés…

L’inversion fatale.

Le mental devrait être au service de la personne, le souci est que le plus souvent, il utilise la personne: il devient inutile et prédateur.

Mental utile : tenir compte du passé, prévoir dans le futur. Synthétiser  une situation dans le présent.

Mental inutile et prédateur : la personne est asservie à des désirs et des peurs issus du passé, ceux-ci sont plus ou moins réactivés au présent, la faisant « vivre » dans un monde d’attraction et de répulsion. Le monde réel n’est plus perçu mais constamment interprété comme la lumière blanche est diffractée par un prisme en de multiples couleurs.

Images multiples des traditions évoquant l’être humain esclave de son mental.

  • Le prisonnier et le geôlier: l’âme de l’être humain, prisonnière du mental (Ramanaya).
  • l’homme est une machine: il n’a pas de libre arbitre mais est mû par des pulsions qui le dépasse.
  • Image de la tradition indienne de la marionnette: la personne est comme une marionnette animé par les fils de l’existence.

Que désigne-t-on par mental ?

Lorsqu’on observe le fonctionnement de l’être humain, un flux incessant de pensées génère un flux incessant d’émotions qui alimentent à leur tour, ce flot de pensées. Le cycle fonctionne en boucle et s’auto alimente lui-même de façon quasi ininterrompue du matin au soir.

Ces pensées sont engendrées par les stimulations de la vie qui entrent en contact avec des prédispositions engendrant une série ininterrompue de réactions. La personne est prise en otage et ne vit plus librement dans l’instant. Chaque perception engendre une attraction si elle est jugée comme favorable ou une répulsion si elle est jugée comme défavorable.

La conséquence principale est que la personne ne vit plus dans le monde mais dans « son monde » psychologique de peurs et de désirs.

Les prédispositions proviennent d’empreintes du passé (Samskara, Vasana).

Le mental a plusieurs noms évoquant ses possibilités de nuisance.

Le mental est désigné par plusieurs noms ce qui montre sa potentialité de changement, de duplicité, d’adaptation, et finalement de survie.

Il est appelé « Le malin », « Le diviseur, « L’hypnotiseur », « L’imposteur », « Le petit moi » …

Pourquoi ces noms ?

Illusionniste : histoire de la corde et du serpent.

L’hypnotiseur : histoire du prisonnier se croyant libre.

Le diviseur : je fais le mal que je ne veux pas faire, je ne fait pas le bien que je veux faire.

Essence du mental ?

Swami Shivananda : « Le mental est un « petit quelque chose » qui réellement n’est rien mais qui pourtant fait tout»

Nombreuses sont les citations qui pointent vers cette direction: le mental est une pure illusion et pourtant c’est le prince de ce monde.

Résolutions possibles.

L’espoir est que le mental n’est que le prince de ce monde, fondamentalement, il est lui-même issu du Soi, de la profondeur en nous qui se manifeste sous forme du mental de façon inadéquate comme une lumière pure est colorée par un filtre de couleur. Les diverses traditions ont mis en place divers outils pour se libérer de la dictature du mental. Le Yoga propose un chemin précis en huit étapes.

Arnaud Desjardins : il existe une méthodologie de destruction du mental, et d’érosion des émotions cristallisée.

Swami Muktananda : le lieu de la « Paix et du Silence » comme lieu de résolution inhérent.

Image traditionnelle védantique : celle de la chenille et du papillon. Nous sommes des chenilles ayant la possibilité de devenir un papillon, image de la liberté par rapport à nos asservissements