La structure du mental.
Le mental est constitué de quatre parties : Manas, Chitta, Buddhi, Ahamkara.
- Manas est la partie du mental curieuse, toujours en mouvement, agitée.
- Chitta correspond à la base de données comme la mémoire d’un disque dur d’ordinateur. Aux souvenirs engrammés sont associées des charges émotionnelles sous forme de bibliothèques d’énergies cristallisées en nous en lien avec l’inconscient. Ces énergies ne sont pas neutres et surimposent leurs charges émotionnelles à la situation vécue.
- Buddhi est l’aspect analytique fin, le discernement : il permet de poser l’action la plus adéquate en fonction de la situation.
- Ahamkara est le sens de l’ego.
Exemple d’une sonnerie de vélo entendue : « manas » capte le son, le transmet à « chitta », la bibliothécaire : « chitta » donne plusieurs possibilités (klaxons divers, clochettes et autres sonneries « tintantes»). Buddhi discrimine parmi ces possibilités: « c’est une sonnerie de vélo. » et transmet la réponse à ahamkara, « le patron ».
Emotion et sentiment.
Il est important de différentier les émotions, telle qu’on les caractérise au sens habituel et qui correspondent en Ayurveda aux émotions inférieures ou grossières, des émotions supérieures qui désignent des énergies très fines.
La principale différence entre les deux est que les émotions grossières ne sont jamais neutres : elles réagissent en tant réel aux évènements alors classés comme favorables (bonne nouvelle), ou défavorables (mauvaise nouvelle).
Les émotions supérieures sont inconditionnelles : elles ne dépendent pas des évènements. Chez le Sage réalisé, les évènements n’ont pas prises sur lui, il vit dans le sentiment d’Être.
Ces deux types d’émotions sont différentiés dans de nombreux systèmes: on nomme, par exemple, les premières, « émotions » et « Sentiments » les secondes.
Lien émotion-mental.
Lorsqu’un évènement nous déplait, il y a en nous ce qu’on appel « un refus » , c’est à dire qu’intérieurement, la situation est refusée telle qu’elle est: une émotion négative apparait. Cette émotion vient activer la pensée qui va s’emparer de la situation, la commenter, vouloir la modifier dans un sens qui nous semble plus favorable. Ce processus n’apaise pas la situation et au contraire, il renforce l’émotion: les deux « entités » pensées et émotions vont créer un volant d’inertie pensées-émotions bien difficile à stopper ensuite lorsqu’il est lancé. C’est un processus énergétivore et générateur de souffrance.
De plus, l’émotion désactive l’intelligence de la pensée à poser une action permettant d’améliorer le scénario et l’aggrave le plus souvent.
Donc, l’émotion, c’est le mental, le mental, c’est l’émotion.
L’émotion et l’action: comme un signal d’alerte.
Comme, nous l’évoquions précédemment, l’apparition de l’émotion révèle un refus de la situation présente soit parce qu’elle ne nous convient pas ou qu’elle réveille en nous un scénario douloureux issu du passé.
On peut l’utiliser comme un signal précieux qui va nous permettre de ne pas réagir aux évènements, mais plutôt de temporiser ceux-ci, si c’est possible, afin de poser une action la plus appropriée qu’il est possible sans « ajouter de l’huile sur le feu ».
AD : « Avant d’agir, vérifies l’agissant !».
L’émotion ne peut pas résoudre une situation, elle est mauvaise conseillère: elle ne peut que créer de la commotion.
Du point de vu de la Sagesse, il n’y a jamais de problème, il n’y a que des situations.
L’émotion révèle la fermeture du cœur.
L’émotion révèle un cœur fermé qui induit un sens de la séparation: le mental créé un sujet et un objet inséré dans un monde duel. A partir de ce moment là, notre monde se créé avec, comme propriété fondamentale, d’être séparé en ce qui est favorable et ce qui est défavorable comme dans une simulation où vous dépendez désormais des règles du jeu.
Il existe deux aspects du cœur: Il existe en nous un cœur profond qui peut s’émerveiller, le cœur de l’Être qui vit en dehors du temps. Il est vivant, vibrant, joyeux. Il est associé à la Paix profonde dont nous avons tous la nostalgie.
L’autre aspect est la partie du cœur liée aux émotions : la situation est jugée, pesée en fonction de nos critères liés à nos blessures, nos conditionnements, notre environnement culturel, sociale…
Notre vie est une suite de ricochets, d’actions engendrés par les émotions du passé encore actives en nous. Il n’y a pas de degrés de liberté et la joie inconditionnée n’est pas au rendez-vous.
L’émotion révèle un ou plusieurs enfants blessés en nous.
Lorsque l’émotion apparait, c’est que la situation « a convoqué » en nous le passé sous la forme de charges émotionnelles refoulées que l’on peut faire correspondre à des évènements nous impliquant à de jeunes âges. L’émotion révèle ainsi les enfants blessés en nous.
A partir de cet instant, je ne suis plus la personne adulte du présent mais le jeune enfant convoqué par la situation…
Alors, vais-je maintenant laisser agir un tout jeune enfant dans une situation qui demande l’action d’un adulte ayant la capacité d’appréhender l’entièreté des évènements ? Par exemple, si mon fils de 6 ans fait une colère parce qu’il veut conduire la voiture de papa, vais-je l’installer au volant, passer sur le siège passager et le laisser conduire ? C’est pourtant ce que nous faisons avec nos multiples enfants intérieurs qui se manifestent à longueur de journée: nous les laissons agir à notre place, celle de l’adulte.
Que faire de ses émotions ? (ébauche du stage 3).
Les émotions demandent juste à être parfaitement écoutées pour pouvoir nous quitter : elles se comportent comme un créancier très têtu qui nous harcèlera périodiquement tant que la créance n’est pas réglée. Il y a donc une hygiène quotidienne d’écoute de l’émotion dans les situations quotidiennes de nos vies de façon à ce qu’elles ne s’accumulent pas sous forme de tension, de colère, de chagrin, de peur…
Il y a des actions à poser par rapport aux émotions du passé.
Dans le cas où l’émotion devient trop prégnante, mortifère, un lieu de parole et d’expression sera bienvenu.
Les émotions peuvent être transmutées (par exemple avec Hoja)
Il existe différentes pratiques pour métaboliser les émotions grossières en énergie subtile : soit l’émotion m’engloutit, soit, je surfe dessus pour avancer plus loin sur mon chemin.
Il existe un ensemble de pratiques pour prendre conscience des émotions, s’en distancier et les transmuter, cela sera étudié en théorie et en pratique au stage 3.