Je me sens vulnérable, cœur tendre, œil humide et un « c’est bien ainsi ! » rayonne en toute tranquillité.
Finalement n’est-ce pas là que tout se finit, en une douceur, qui d’une mystérieuse caresse, apaise le monde ?
En ce tendre lieu d’un cœur offert, d’innombrables mondes s’apaisent en une impossible extinction déjà acquise.
Si les yeux sont les portes de l’âme, leurs larmes sont le chemin infaillible vers le Cœur.
Ainsi, en mon regard qui s’embrouille, se démêle tous les nœuds de mon insensée actualité en une bien douce harmonie.
Celle-ci, attends, telle une éternelle Pénélope, que son Ulysse ouvre enfin son cœur, alors, Ulysse sera de retour…
Vulnérabilité, tu es la solution de l’insoluble inéquation alchimique, la dissolution d’une irréductible irréalité.
Tu cristallises l’harmonie, jalousée par mille ambassadeurs inspirés, tu fais fondre bien des océans de glace en un réchauffement d’humanité.
Maintenant, je me sens comme « retrouvé » : c’est gracieusement que tu esquisses tes pas légers alors ceux-ci dessinent des augures bien favorables.
Comment te retenir, toi, qui en ce jour de Noël, me rends une inestimable visite ?
Pourtant, je le sais, te retenir, c’est te perdre et accepter de te perdre, c’est te retenir.
Mon âme s’accoutume si bien de ta présence que tout éloignement de ta part engendre bien des vertiges : je suis si bien près de toi, que j’ai froid en toute autre toit.
Et toi, en tout lieu, tu réchauffes l’âme de l’égaré de ta chaleur complète dès lors que celui-ci, accepte ses parts d’humanité en son inhumanité même.
Vulnérabilité, merci pour ce miroir dans lequel je me vois, il me dénude de moi-même, et me libère ainsi.
Seule toi, peut effacer aussi vite, cette image de marque, me démarquant si avantageusement de moi-même.
Tu sais saisir en chaque respiration, ses éclats d’humanité profonde, eux-mêmes capables de rompre les liens les plus délétères en une éternelle libération.
En cette libation de moi-même, Vulnérabilité, tu me rend Vie.
Villa Magnier, Noël 2025.
