Les larmes sont un cadeau divin.
Elles sont une initiation en un monde bien mystérieux, l’intimité humaine.
Elles rayonnent comme une invitation à y retrouver l’étincelle divine déposée secrètement en elle par les dieux : il en aura fallu une éternité à l’Eternité pour que ces perles salées délivrent leurs secrets.
Cependant, entrer en intimité avec soi-même, n’est-ce pas risquer de ne jamais en sortir, errant en des terres infinies ?
Peut-être, mais c’est aussi surement le passage incontournable pour retrouver nos diamants enfouis, notre lumière que nous cherchons vainement en des lieux extérieurs, stériles d’eux-mêmes.
Douces amies, elles accompagnent ces moments tourmentés où se dérobent en nous nos certitudes. En cette abime, pas de risque de s’abimer, simplement de recouvrer de cette humanité qui, le plus souvent, fait bien défaut en ce monde.
Ami(e)s, laisse-toi pleurer, non pas sur ton triste sort, mais sur ta joyeuse mort, celle du vieille homme, de la vieille femme qui étouffent d’eux-mêmes.
Puisses-tu laisser ce nectar de tes yeux, éroder bien des censeurs en toi, ton visage délavé sera alors la promesse de ton aube inévitable.
L’eau est la source de la vie, tes larmes sont ta source d’immortalité, tant qu’elles visitent ton visage, la mort ne peut s’approcher : effrayée, elle s’écarte devant tant de sensibilité, elle, qui se nourrit de rivières desséchées.
Alors, au fil des temps de chagrins, elles vont dessiner bien des affluents sur ton visage qui raconteront ton histoire, celle de la faculté de pleurer, une des plus grande beauté de l’être humain.
Si les yeux sont les portes de l’âme, les larmes en sont les clefs : sans celles-ci l’accès en nos mondes intérieurs n’est guère possible. Ces mondes que nous pensons immondes, nous devrons les conquérir en une alliance sacrée permettant de nous retrouver.
Ainsi, en ce regard embué, se trouve l’espoir d’une nouvelle terre enfin irriguée par l’Amour, Corne d’abondance de l’univers.
Villa Magnier, Septembre 2026.
