Résumé du stage 2: le mental, aspect émotions.

La structure du mental.

Le mental est constitué de quatre parties : Manas, Chitta, Buddhi, Ahamkara.

  • Manas est la partie du mental curieuse, toujours en mouvement, agitée.
  • Chitta correspond à la base de données  comme la mémoire d’un disque dur d’ordinateur. Aux souvenirs engrammés sont associées des charges émotionnelles sous forme de bibliothèques d’énergies cristallisées en nous en lien avec l’inconscient. Ces énergies ne sont pas neutres et surimposent leurs charges émotionnelles à la situation vécue.
  • Buddhi est l’aspect analytique fin, le discernement : il permet de poser l’action la plus adéquate en fonction de la situation.
  • Ahamkara est le sens de l’ego.

Exemple d’une  sonnerie de vélo entendue : « manas » capte le son, le transmet à « chitta », la bibliothécaire : « chitta » donne plusieurs possibilités (klaxons divers, clochettes et autres sonneries « tintantes»). Buddhi discrimine parmi ces possibilités: « c’est une sonnerie de vélo. » et transmet la réponse à ahamkara, « le patron ».

Emotion et sentiment.

Il est important de différentier les émotions,  telle qu’on les caractérise au sens habituel et qui correspondent en Ayurveda aux émotions inférieures ou grossières, des émotions supérieures qui désignent des énergies très fines.

La principale différence entre les deux est que les émotions grossières ne sont jamais neutres : elles réagissent en tant réel aux évènements alors classés comme favorables (bonne nouvelle), ou défavorables (mauvaise nouvelle).

Les émotions supérieures sont inconditionnelles : elles ne dépendent pas des évènements. Chez le Sage réalisé, les évènements n’ont pas prises sur lui, il vit dans le sentiment d’Être.

Ces deux types d’émotions sont différentiés dans de nombreux systèmes: on nomme, par exemple, les premières, « émotions » et « Sentiments » les secondes.

Lien émotion-mental.

Lorsqu’un évènement nous déplait, il y a en nous ce qu’on appel « un refus » , c’est à dire qu’intérieurement, la situation est refusée telle qu’elle est: une émotion négative apparait. Cette émotion vient activer la pensée qui va s’emparer de la situation, la commenter, vouloir la modifier dans un sens qui nous semble plus favorable. Ce processus n’apaise pas la situation et au contraire, il renforce l’émotion: les deux « entités » pensées et émotions vont créer un volant d’inertie pensées-émotions bien difficile à stopper ensuite lorsqu’il est lancé. C’est un processus énergétivore et générateur de souffrance.

De plus, l’émotion désactive l’intelligence de la pensée à poser une action permettant d’améliorer le scénario et l’aggrave le plus souvent.

Donc, l’émotion, c’est le mental, le mental, c’est l’émotion.

L’émotion et l’action: comme un signal d’alerte.

Comme, nous l’évoquions précédemment, l’apparition de l’émotion révèle un refus de la situation présente soit parce  qu’elle ne nous convient pas ou qu’elle réveille en nous un scénario douloureux issu du passé.

On peut l’utiliser comme un signal précieux qui va nous permettre de ne pas réagir aux évènements, mais plutôt de temporiser ceux-ci, si c’est possible, afin de poser une action la plus appropriée qu’il est possible sans « ajouter de l’huile sur le feu ».

AD : « Avant d’agir, vérifies l’agissant !».

L’émotion ne peut pas résoudre une situation, elle est mauvaise conseillère: elle ne peut que créer de la commotion.

Du point de vu de la Sagesse, il n’y a jamais de problème, il n’y a que des situations.

L’émotion révèle la fermeture du cœur.

L’émotion révèle un cœur fermé qui induit un sens de la séparation: le mental créé un sujet et un objet inséré dans un monde duel. A partir de ce moment là, notre monde se créé avec, comme propriété fondamentale, d’être séparé en ce qui est favorable et ce qui est défavorable comme dans une simulation où vous dépendez désormais des règles du jeu.

Il existe deux aspects du cœur: Il existe en nous un cœur profond qui peut s’émerveiller, le cœur de l’Être qui vit en dehors du temps. Il est vivant, vibrant, joyeux. Il est associé à la Paix profonde dont nous avons tous la nostalgie.

 L’autre aspect est la partie du cœur liée aux émotions : la situation est jugée, pesée en fonction de nos critères liés à nos blessures, nos conditionnements, notre environnement culturel, sociale…

Notre vie est une suite de ricochets, d’actions engendrés par les émotions du passé encore actives en nous. Il n’y a pas de degrés de liberté et la joie inconditionnée n’est pas au rendez-vous.

L’émotion révèle un ou plusieurs enfants blessés en nous.

Lorsque l’émotion apparait, c’est que la situation « a convoqué » en nous le passé sous la forme de charges émotionnelles refoulées que l’on peut faire correspondre à des évènements nous impliquant à de jeunes âges. L’émotion révèle ainsi les enfants blessés en nous.

A partir de cet instant, je ne suis plus la personne adulte du présent mais le jeune enfant convoqué par la situation…

Alors, vais-je maintenant laisser agir un tout jeune enfant dans une situation qui demande l’action d’un adulte ayant la capacité d’appréhender l’entièreté des évènements ? Par exemple, si mon fils de 6 ans fait une colère parce qu’il veut conduire la voiture de papa, vais-je l’installer au volant, passer sur le siège passager et le laisser conduire ? C’est pourtant ce que nous faisons avec nos multiples enfants intérieurs qui se manifestent à longueur de journée: nous les laissons agir à notre place, celle de l’adulte.

Que faire de ses émotions ? (ébauche du stage 3).

Les émotions demandent juste à être parfaitement écoutées pour pouvoir nous quitter : elles se comportent comme un créancier très têtu qui nous harcèlera périodiquement tant que la créance n’est pas réglée. Il y a donc une hygiène quotidienne d’écoute de l’émotion dans les situations quotidiennes de nos vies de façon à ce qu’elles ne s’accumulent pas sous forme de tension, de colère, de chagrin, de peur…

Il y a des actions à poser par rapport aux émotions du passé.

Dans le cas où l’émotion devient trop prégnante, mortifère, un lieu de parole et d’expression sera bienvenu.

Les émotions peuvent être transmutées (par exemple avec Hoja)

Il existe différentes pratiques pour métaboliser les émotions grossières en énergie subtile : soit l’émotion m’engloutit, soit, je surfe dessus pour avancer plus loin sur mon chemin.

Il existe un ensemble de pratiques pour prendre conscience des émotions, s’en distancier et les transmuter, cela sera étudié en théorie et en pratique au stage 3.

Résumé stage 1, le Mental.

Résumé stage 1, le mental, aspect pensées.

Introduction: « si ton mental vit, tu meurs, si ton mental meurt, tu vis ! »

Cette phrase forte montre qu’il ne s’agit pas d’un sujet « intéressant » mais d’un sujet fondamental…

Histoire de la création de l’ego.

  1. Atterrissage sur terre : le nourrisson est pur être.
  2. Peu à peu, le sens de l’égo apparait et avec celui-ci, le sens de la séparation: image du paradis perdu.
  3. Celui-ci se forme en 7 ans, jusqu’à l’âge de raison. A chaque année, correspond la formation d’un chakra principal.
  4. L’égo est indispensable sur terre: important que l’enfant réponde à son prénom.
  5. La pensée est utile, elle permet de prévoir une action et de la préparer de façon adéquate. Demain, je vais à Rennes, j’achète ce soir mon billet sur internet. La dernière fois que j’ai été à cette adresse, je n’ai pas pu me garer : j’y vais en métro.

La création du mental.

Au fil des premières années, avec le sens de l’ego qui se développe, vont se produire des évènements plus ou moins traumatiques. L’environnement de l’enfant va se révéler maladroit, blessant voir agressif: l’enfant passe à côté d’un chien qui lui aboie dessus brusquement, une nourrice à bout de nerf se décharge sur lui, un camarade d’école lui vole un jouet…

Ces expériences inévitables vont laisser des traces (proches des affects au sens freudien) comme des mini « bombes à retardement » prêtes à se déclencher lorsqu’un évènement similaire à ce qui les a créé se produira. Pour reprendre l’exemple du chien, à l’âge adulte la personne aura encore le ventre qui se serrera et se sentira en danger à chaque fois qu’elle passera près d’un chien sans même en être consciente: si l’évènement traumatique a été oublié, l’inconscient, lui n’oublie pas…

La personne va se retrouver au fil des ans avec de très nombreuses blessures prêtent à se réveiller en fonction des circonstances et à engendrer des pensées parasites et des comportements inadéquats, les germes du mental sont plantés…

L’inversion fatale.

Le mental devrait être au service de la personne, le souci est que le plus souvent, il utilise la personne: il devient inutile et prédateur.

Mental utile : tenir compte du passé, prévoir dans le futur. Synthétiser  une situation dans le présent.

Mental inutile et prédateur : la personne est asservie à des désirs et des peurs issus du passé, ceux-ci sont plus ou moins réactivés au présent, la faisant « vivre » dans un monde d’attraction et de répulsion. Le monde réel n’est plus perçu mais constamment interprété comme la lumière blanche est diffractée par un prisme en de multiples couleurs.

Images multiples des traditions évoquant l’être humain esclave de son mental.

  • Le prisonnier et le geôlier: l’âme de l’être humain, prisonnière du mental (Ramanaya).
  • l’homme est une machine: il n’a pas de libre arbitre mais est mû par des pulsions qui le dépasse.
  • Image de la tradition indienne de la marionnette: la personne est comme une marionnette animé par les fils de l’existence.

Que désigne-t-on par mental ?

Lorsqu’on observe le fonctionnement de l’être humain, un flux incessant de pensées génère un flux incessant d’émotions qui alimentent à leur tour, ce flot de pensées. Le cycle fonctionne en boucle et s’auto alimente lui-même de façon quasi ininterrompue du matin au soir.

Ces pensées sont engendrées par les stimulations de la vie qui entrent en contact avec des prédispositions engendrant une série ininterrompue de réactions. La personne est prise en otage et ne vit plus librement dans l’instant. Chaque perception engendre une attraction si elle est jugée comme favorable ou une répulsion si elle est jugée comme défavorable.

La conséquence principale est que la personne ne vit plus dans le monde mais dans « son monde » psychologique de peurs et de désirs.

Les prédispositions proviennent d’empreintes du passé (Samskara, Vasana).

Le mental a plusieurs noms évoquant ses possibilités de nuisance.

Le mental est désigné par plusieurs noms ce qui montre sa potentialité de changement, de duplicité, d’adaptation, et finalement de survie.

Il est appelé « Le malin », « Le diviseur, « L’hypnotiseur », « L’imposteur », « Le petit moi » …

Pourquoi ces noms ?

Illusionniste : histoire de la corde et du serpent.

L’hypnotiseur : histoire du prisonnier se croyant libre.

Le diviseur : je fais le mal que je ne veux pas faire, je ne fait pas le bien que je veux faire.

Essence du mental ?

Swami Shivananda : « Le mental est un « petit quelque chose » qui réellement n’est rien mais qui pourtant fait tout»

Nombreuses sont les citations qui pointent vers cette direction: le mental est une pure illusion et pourtant c’est le prince de ce monde.

Résolutions possibles.

L’espoir est que le mental n’est que le prince de ce monde, fondamentalement, il est lui-même issu du Soi, de la profondeur en nous qui se manifeste sous forme du mental de façon inadéquate comme une lumière pure est colorée par un filtre de couleur. Les diverses traditions ont mis en place divers outils pour se libérer de la dictature du mental. Le Yoga propose un chemin précis en huit étapes.

Arnaud Desjardins : il existe une méthodologie de destruction du mental, et d’érosion des émotions cristallisée.

Swami Muktananda : le lieu de la « Paix et du Silence » comme lieu de résolution inhérent.

Image traditionnelle védantique : celle de la chenille et du papillon. Nous sommes des chenilles ayant la possibilité de devenir un papillon, image de la liberté par rapport à nos asservissements

Essence du Yoga

Essence du Yoga : c’est une question profonde…

 

  •   L’équation soluble de la coexistence de la durée et de l’instant.

En fait d’une certaine façon, notre « quête écrite » est vaine : le Yoga participe de la spiritualité, c’est un état d’être qui se vit dans l’anéantissement du temps et donc dans la verticalité de l’instant présent. Juste cette expérience, ce ressentit dans ce corps  en cet instant sans lieu et sans temps. Tout semble dit et l’on pourrait en rester là.

Petit moment de solitude du lecteur…

Oui, mais…

Il y a deux approches complètement compatibles et qui pourtant semblent inconciliables pour la pensée raisonnante et donc non résonnante.

D’un côté, ce qui vient d’être énoncé est vrai et non seulement écrire sur ce sujet est vain mais tout chemin spirituel qui a un début, un cheminement et, on l’espère, un jour une fin, n’est qu’une illusion puisque s’inscrivant dans le temps. Alors, le Yoga serait une illusion de plus dans notre monde d’illusions…

Pas si simple…

Ce monde est éminemment quantique et, au sein de celui-ci, les lois de la mécanique quantique font coexister harmonieusement ce qui nous semble être des contraires.

Ainsi, d’un autre côté, l’expérience humaine concrète montre que si ce que l’on a énoncé précédemment ne souffre pas de la moindre négociation, dans les faits « le terrien moyen » a besoin de temps (et même de pas mal de temps !) pour s’en approcher.

De là, la nécessité, et la validité, de la notion de cheminement spirituel et donc de chemin spirituel: parmi beaucoup de magnifiques chemins à travers le monde, le Yoga est une belle voie.

  •  Le Yoga n’a pas de temps.

La première approche précédente nous raconte une histoire sans temps, celle de l’instant, celle de la Vie qui n’a pas besoin de système, de référence.

La fleur qui ouvre ses pétales au doux soleil du matin, ne revendique aucune appartenance. Elle ne se sent ni supérieure, ni inférieure à une autre fleur ou un autre végétal: elle ouvre, sans attentes, ses pétales à la caresse d’un rayon de chaleur, apportant ainsi sa note vibratoire à la symphonie de la vie. 

Ainsi, le Yoga est gratuité, comme un hommage à la création à travers cet incroyable corps humain, cadeau inestimable, qui va pouvoir s’exprimer gracieusement au sein de la danse de la vie.

Le Yoga est juste ce mouvement là, ce souffle là, une présence mystérieuse qui n’a pas de carte d’identité. Il participe de la spiritualité, comme une volute de fumée s’échappant d’un feu de bois, participe des vapeurs de celui-ci ajoutant son motif à l’infinie variété des motifs déjà apparus depuis que le feu existe sur terre. Il se déplace sur la vague de l’instant présent en un mouvement qui ne part de nulle part et ne va nulle part, un mouvement immobile.

Alors, l’Asana, la posture devient le lieu, le contenant de l’incroyable coexistence des contraires : au sein de ce corps fini, l’infini se manifeste, en ce volume humain localisé, le non localisable se manifeste. C’est une expérience renouvelée, singularité d’une mystique « divine » qui nous échappe…

  •   Le Yoga n’a pas de forme.

Ce qu’on appelle « la science du Yoga » semble avoir « un catalogue » de postures qui ne cesse de s’élargir: si certaines postures remontent à l’aube de la civilisation indienne, la salutation au soleil, par exemple, n’est apparue qu’au début du 20ième siècle.

Mais ces postures ne sont que les pointillés d’un motif qui se dessine en un trait sans dessin qui semble pourtant chercher un dessein qui nous échappe.

Elles ne sont que le lieu de passage du voyageur en état d’être, qui chemine sans but visible dans ce que l’on nomme une pratique de Yoga. Elles sont le contenant d’une énergie en variation de densité constante qui s’offre aux forces existantes en une danse de l’indicible. Totalement abandonné à la posture et à son souffle, « ce prénom » qui pratique yeux clos, se sent peu à peu « disparaître » en tant que carte d’identité avec ses propriétés physiques et psychiques associées.

Totalement disponible à l’expérience, l’aspect physique de la personne s’efface inéluctablement en une sécurité de la vérité de « ce que Je suis vraiment ».

La forme devient « sans forme » et pourtant un cœur continu de battre: les dieux des mathématiques, de la physique, de la philosophie, de toutes les sciences cognitives s’inclinent devant cette équation non soluble dans sa solution de présence profonde.

  •  Alors, peut-on dire que le Yoga existe ?

En effet d’après ce qui vient d’être partagé précédemment, la question se pose.

Pourtant, je suis, en autres, professeur de Yoga: enfin, me semble-t-il…

Jusque là tout allait bien: je visualise la file de tous les membres de l’association de Yoga de ces dernières années demandant le remboursement de cours de Yoga qui n’ont jamais existé…

Voyons cela de plus près.

De façon factuelle, lorsque je partage un cours de Yoga, par exemple le samedi matin, il commence à 9h30 et se finit à 11h, comme l’indique le petit réveil posé à côté d’une statue de Bouddha.

D’ailleurs, nous sommes plusieurs à vérifier l’existence de « ce temps » puisque nous nous retrouvons à « cette heure » et ces retrouvailles ne sont pas le fruit du hasard: je ne passe pas la semaine à faire de passionnants « aller-retour » dans mon sous-sol où se trouve ma salle de Yoga à la recherche d’un pratiquant venu lui aussi voir si par hasard un professeur de Yoga était là…

De même, il existe bien un lieu pour cette rencontre : le cours de Yoga n’est pas le fruit d’une rencontre miraculeuse à l’adresse de la salle de Yoga, d’un certain nombre de personnes en errance hiératique et se retrouvant là par hasard…

Ainsi donc, de façon empirique, il existe bien un temps et un espace partagé.

S’il existe un temps et un espace, il existe bien le temps de faire un mouvement au sein de cet espace et donc finalement de faire un cours de Yoga. S’il existe un cours de Yoga, c’est que celui-ci existe vraiment ! Ouf, le trésorier de l’association respire…

Ce point de vu, basé sur un  vécu indiscutable, éliminerait-t-il alors le précédent qui semblait pourtant étayé et pertinent ?

Une image est intéressante, celle de plusieurs personnes regardant une sculpture de différents points de vu. Une de ces personnes, visionnant celle-ci depuis son point de vu, pourrait en donner une description vérace selon son angle de vision. Une autre personne située à une autre place, donnerait également sa description, tout aussi pertinente et pourtant ces deux visions ne coïncideraient pas…

Lorsque j’étais jeune adulte, et assez entier dans mes opinions, cet exemple m’avait vraiment interrogé: j’avais une vision assez manichéenne des choses: je pensais alors que soit « j’avais raison », soit « je me trompais ».

J’avais été un temps démuni par cet exemple. Par la suite, j’ai réalisé que la cohabitation de plusieurs vérités étaient possible, que ces vérités pouvaient s’allier, au lieu de se combattre, de façon à offrir une compréhension plus vaste comme les pièces d’un puzzle, qui ne contenant pas en elles-mêmes la vérité du dessin final, permettaient au sein de leur alliance de faire apparaître le motif.

Ainsi, donc les pièces du « puzzle de notre interrogation », ne se disqualifieraient pas mais seraient plutôt l’étape indispensable à l’apparition du « dessein ».

Sur cette terre munie de terrien (dont elle se serait d’ailleurs peut-être bien passée !) le subtil a apparemment besoin d’un contenant en une nécessaire cohabitation, de même le visible et l’indicible participent d’une même réalité de façon complémentaire. L’expérience  « d’Être en état de Yoga », qui est par essence en dehors du temps et de l’espace, se vit au sein d’un corps ayant des attributs, s’inscrivant eux dans le temps et que l’on interpelle par son prénom.

  • Essence du Yoga.

Pour ne pas conclure, l’essence du Yoga serait la coexistence simultanée de deux pôles inconciliables, celui de « l’espace-temps » et celui de l’instant sans temps et sans espace.

Alors, la personne en « état de Yoga », goûte le nectar de ces deux possibles qui s’abîment l’un dans l’autre en un miel divin. Le pratiquant, lorsqu’il vit réellement cette expérience, n’a de cesse de la retrouver à nouveau.

Vouloir la retrouver, c’est la perdre, se perdre sans la vouloir, c’est la retrouver.

Dans cette expérience, il y a comme une reconnaissance: totalement abandonné  à toute recherche de moi-même, je me trouve en cette pratique parce que le « Je » infini se réalise au sein du fini d’un corps humain.

L’essence du Yoga serait donc « le gout du Soi en soi », Mystère inapprochable et pourtant si familier…

Lionel,

Mars 2020.

 

Le son du Silence…

Le Son de l’Être ne cesse de résonner …

C’est  ce son qui nourrit l’Être humain, c’est de cette note fondamentale, dont nous avons tant besoin, que nous sommes coupés.

Et pourtant, comme un orchestre désaccordé de ne pas s’être unifié autour du « La » essentiel de la Vie, nous sommes, sous une apparence de cohésion, composés de multiples aspects contradictoires. Chaque désir, chaque impulsion issue du psychisme joue sa partition personnelle au gré de ses humeurs sans se soucier de l’harmonie de l’ensemble.

En nous, les instruments luttent, se superposent : c’est celui qui joue le plus fort que l’on entend !

Un violon hurle frénétiquement, un trombone barrit de plus bel, un piano essaie d’exister en une suite d’accords désespérés…

L’orchestre déjoue en une succession de prise de pouvoir épuisante: le seul unisson de l’ensemble est celui du désespoir !

Pourtant, il suffirait que chacun se pose, écoute et s’abandonne au service de la note essentielle commune, celle du Silence.

Celle-ci, toujours disponible, s’offre à l’oreille de tous, indépendamment des nationalités, de la condition sociale, de l’aspect physique, de l’âge : parfaite égalité de l’humanité.

Transcendant les contraires, le Silence résonne à tout instant de sa vibration hors du temps, immanente.

Rien à faire de spécial, juste « se rassembler » et laisser le volume de notre cacophonie intérieure diminuer.

Alors, peu à peu, lorsque le bruit de chacune de nos multiples parties s’arrête, émerge la vibration créatrice. Réunifié en son écoute, chacun de nos multiples aspects peut  à nouveau appréhender son instrument à l’écoute de l’autre.

Ce n’est plus moi qui vais jouer mais, reconnecté en une écoute inspirante, je vais «être joué»  au service de l’ensemble: servir, ne plus se servir…

C’est aussi cela, « être en état de Yoga », dans ce geste d’écoute intérieure millénaire, être à l’unisson de la vibration fondamentale au sein d’un espace intérieur retrouvé où cohabitent la Paix, la Joie et la Sérénité. Je ne respire plus, l’air pénètre le corps, je suis alors… inspiré.

En un paradoxe incompréhensible à la pensée raisonnante, la personne expérimente le mystère de se sentir à la fois temporelle et localisée, et simultanément complètement reliée « au cosmos » de façon intemporelle et non localisée.

En ce « lieu » de mystère, tout est simple, évident. Mais cette évidence s’éclipse dès que le petit « je » cherche à prendre les commandes.

Bien que cela soit aussi dérisoire que d’empêcher la neige de tomber, c’est pourtant ce qui se passe et  c’est pourquoi l’être humain est bien  désorientés, cherchant désespérément une vraie boussole.

De nouveau, simplement s’arrêter: tout est là dans cet instant d’abandon…

Juste ouvrir l’oreille du cœur, alors le Silence se révèle, dissipant la brume de la désespérance et laissant entrer le soleil de la Paix intérieure. contenant en elle-même sa propre boussole.

 

 

Présentation du Yoga de l’Être.

Le Yoga de l’Être est un Hata-Yoga qui inclut la dimension de la profondeur, du ressenti intime: à la pratique classique de postures (Asana) et de respiration (Prayanama), s’ajoute une qualité d’attention, de ressenti fin, que la pratique de la lenteur et le respect de soi permettent de contacter.
Alors se dépose de lui-même le fardeau de l’existence pour laisser place à une paix non conditionnée. Un avant-goût avant que celle-ci s’installe peu à peu dans le quotidien, grâce à la persévérance dans la pratique du Yoga.

Les chakras.

Introduction. 

Dans le contexte occidental, il n’y a pas de vraie notion d’évolution spirituelle mais plutôt la volonté de réussir au niveau socio professionnel. La société est laïque et fière de l’être. Il s’agit d’accumuler des performances intellectuelles, physiques, émotionnelles. Par exemple, dans le domaine cognitif, une personne « a réussi » lorsqu’elle a obtenu des diplômes, des distinctions en dehors de toutes considérations sur son état physique ou émotionnel.  La personne peut être infantile, aigrie ou avoir un corps délabré, si le discours est brillant alors elle suscite l’admiration.

La notion même d’un être humain inachevé, donc la nécessité d’une évolution amenant cet achèvement, est absente. En Inde, cette notion est très présente: l’homme n’est pas abouti du point de vu spirituel, sa vie a pour rôle de poursuivre cet achèvement de façon à obtenir un être humain accompli. Cet accomplissement passe par un travail sur les chakras.

Qu’est-ce qu’un chakras ?

Chakra est un terme sanskrit qui signifie « roue » dans le sens d’un vortex en mouvement qui brasse de l’énergie. Ils sont considérés comme des lieux de passage entre des niveaux d’énergie différents, chacun ayant un niveau vibrationnel.

Ainsi, l’être humain est la superposition d’un corps et de couches d’énergie de plus en plus fines: comme des bulles inclues les unes dans les autres. Il s’agit des corps physique, astral et causal. Ces différentes couches ne sont pas isolées du reste de l’univers, bien au contraire, elles sont en interactions constantes: l’être humain est situé dans deux courants.

  • Un courant de libération qui part de la terre, traverse le corps physique de bas en haut, vers le ciel, l’univers.
  • Un courant de manifestation qui descend du ciel vers la terre à travers le corps humain.

Au sein de ce courant et de ces différents corps de plus en plus subtils, les chakras se comportent comme des vortex profonds qui les relient. Dans la perspective d’une évolution de l’homme, ces corps doivent fonctionner de façon harmonieuse: un fonctionnement équilibré des chakras est donc nécessaire.

Où sont localisés les chakras ?

Dans le corps physique, il y a des zones spécifiques que l’on ressent plus particulièrement et qui sont des lieux familiers de somatisation. Le langage populaire donne des indications intéressantes à travers le genre d’expression suivante:

  • « Cette situation me prends la tête ! »
  • « J’ai la gorge nouée. »
  • « J’ai le cœur serré. »
  • « J’ai une boule dans le ventre…. »
  • « Je suis sans voix! »

De nombreuses anecdotes démontrent que ces lieux somatisent de façon privilégiée. Un exemple: l’extinction de voix. Les témoignages de personnes angoissées devant donner une conférence ou chanter en public et ayant eu une extinction de voix le jour « j » sont nombreux. On pourrait trouver des exemples de ce genre pour les différentes zones citées précédemment. Chacun aura des souvenirs d’événements nous ayant donné la migraine, noué le ventre ou serré la gorge…

En Inde et dans le Yoga, on porte une attention particulière à ces zones. Elles désignent les chakras les plus connus (il en existe beaucoup d’autres mais moins fondamentaux). Chakra est un terme sanskrit qui signifie « roue » dans le sens d’un vortex qui brasse de l’énergie entre différentes zones des corps.

De la même façon que l’eau peut être liquide, solide ou sous forme de vapeur, l’énergie peut prendre diverses formes. Les chakras peuvent alors être interprétés comme des portes entre ces lieux.

L’Inde dénombre sept centres principaux situés en des lieux précis des corps: le périnée, la zone génitale, le plexus solaire, le cœur, la gorge, entre les sourcils et sur le sommet du crane.

Le nom et la localisation plus précise et de ces centres sont les suivants depuis la base du corps jusqu’au sommet du crâne.

  • Muladhara (chakra racine), situé au niveau du périnée entre le pubis et le sphincter anal et se poursuivant dans les jambes.
  • Svadisthana (chakra sacré), situé au niveau du pubis, légèrement au dessus de la zone pileuse.
  • Manipura (chakra plexus solaire), situé au niveau du plexus solaire, sous le sternum.
  • Anahata (chakra cœur), situé au niveau du cœur.
  • Vishuddha (chakra gorge), positionné à la base du cou, au niveau de la glotte.
  • Anja (chakra 3ème œil), situé entre les sourcils.
  • Sahasrâra (chakra coronal), sur le sommet du crane et au dessus, dans la zone de la fontanelle.

 Les cinq chakras intermédiaires, de svadishthana à anja, se divisent en deux (une partie avant et une partie arrière), il est ainsi souvent question de douze chakras. Trois chakras sont particuliers :

  • Sahasrâra : c’est le dernier, au sommet du crane. Orienté verticalement, il représente l’ouverture vers le ciel.
  • Mûlâdhâra : c’est le premier situé au niveau du périnée. Orienté verticalement c’est l’ouverture vers la terre.
  • Anata: celui du cœur. Situé au milieu de la « verticale sacrée », il fait la jonction entre les courants d’énergies montant et descendant: il harmonise et redistribue ceux-ci en vu d’une action harmonieuse en respect de soi et de l’environnement.

Que représentent ces centres?

A ce sujet, l’approche « psycho-énergétique » est pertinente: il y a sept centres principaux, dont cinq sont doubles (orientés horizontalement avec une partie avant et une partie arrière), donc douze principes, qui se forment durant les sept premières années de la vie.

Depuis la naissance, cette anatomie psychologique va se construire sur sept principes que l’on peut appeler : « droit naturel ».

  • Muladhara (chakra racine): droit naturel d’avoir.
  • Svadisthana (chakra sacré), droit naturel de sentir.
  • Manipura (chakra plexus solaire), droit naturel de faire.
  • Anahata (chakra cœur), droit naturel d’aimer et d’être aimé.
  • Vishuddha (chakra gorge), droit naturel de communiquer.
  • Anja (chakra 3ème œil), droit naturel de voir.
  • Sahasrâra (chakra coronal), droit naturel de comprendre.

Exemples concrets.

Le 2ème chakra, sahasrâra, représente le droit naturel de ressentir: précocement (1 ans-2ans) l’enfant met tout à bouche pour ressentir (la bouche est un organe des sens prépondérant visualisé de façon évidence sur l’homoncule).

Le 3ème chakra, manipura, représente le droit naturel de faire: vers l’âge de trois ans, il veut tout faire : « Non, c’est moi qui ferme la porte, pas papa !».

Correspondances et pathologies.

Dans une première approximation, on peut associer à chacun de ces centres une ou plusieurs glandes du système endocrinien.

  • Muladhara (chakra racine): les glandes surrénales.
  • Svadisthana (chakra sacré): les glandes sexuelles.
  • Manipura (chakra plexus solaire): le pancréas.
  • Anahata (chakra cœur): le thymus.
  • Vishuddha (chakra gorge): la glande thyroïde.
  • Anja (chakra 3ème œil): la glande pituitaire (hypophyse).
  • Sahasrâra (chakra coronal): la glande pinéale.

Ces centres sont ouverts de façon adéquate et harmonieuse lorsque la personne est en santé. Mais chez la plupart des êtres humains, on peut empiriquement constater qu’en moyenne de trois à sept chakras sur douze sont congestionnés ou trop ouverts. Ces centres, qui doivent normalement participer à la santé, enlèvent à celle-ci. Si le dysfonctionnement persiste pendant longtemps, il peut se matérialiser par un symptôme en passant dans le corps physique: c’est le mécanisme de la pathologie.

La somatisation est en lien avec les organes concernés par le chakra: par exemple, « Svadisthana » bloqué peut se concrétiser par des soucis urinaires dans un 1er temps et empirer sur le long terme en cancer des testicules ou des ovaires. Cependant, le plus souvent, la réalité est bien plus compliquée et subtile: plusieurs chakras interfèrent, la somatisation peut se déplacer…

La psychologie des chakras est une grille de lecture intéressante qui permet un diagnostique précis et efficace: il suffit de repérer les zones trop ouvertes ou fermées et de pratiquer avec persévérance des exercices adéquats pour ces zones.

La conséquence d’une plus ou moins grande ouverture de ces zones peut être perçue dans la façon de fonctionner des personnes: il y a des gens qui conceptualise facilement mais qui sont dans la difficulté dès qu’il s’agit de poser des actes concrets montrant ainsi un troisième chakra (le droit de faire) partiellement ou complètement bloqué. D’autres, au contraire, vont facilement agir mais en dehors de toute empathie, montrant un cœur fermé envers les autres: Anahata, le chakra du cœur, est certainement serré…

Ainsi, chaque zone a ses effets négatifs, qui souvent s’accumulent lorsque plusieurs de ces vortex ne sont pas fluides.

Comment un chakra peut-il se fermer ?

Reprenons les deux exemples précédents:

  • Vers l’âge de trois ans, lorsque l’enfant découvre la joie d’agir sur le monde et a envie de faire comme ses parents, si ces derniers bloquent systématiquement les actions de l’enfant qui essaie de faire comme « les grands » alors le  3ème chakra (droit naturel de faire) se ferme progressivement.
  • A partir de quelques mois l’enfant veut sentir son monde qu’il est en train de percevoir dans sa personnalité: pour cela, il met tout dans sa bouche. Souvent les parents interdissent à leur enfant, en pensant bien faire (par exemple par peur des microbes), de mettre les objets à la bouche par des injonctions brutales du genre : « Malheureux ! Ne mets pas ça dans la bouche, c’est sale ! «  .

Alors, le 2ème chakra, le droit naturel de sentir, qui était en plein développement, risque de se contracter.

Remèdes.

Un chakra serré, bloqué ou trop ouvert, c’est de l’énergie qui circule partiellement, plus du tout ou trop. Cependant, il est possible d’agir à l’aide de diverses pratiques pour restaurer le flux normal: en Yoga, l’étendu de la pratique (asana, pranayama, visualisation, exercices adaptés) permet pour chaque chakra de proposer  une pratique spécifique de restauration progressive du fonctionnement de celui-ci.

C’est le but de ces stages qui travaillent à chaque fois sur un ou plusieurs chakras simultanément.

Dans les cas difficiles, la collaboration avec un psychothérapeute sera nécessaire.