Catégorie : Textes partagés
Stage1 : définition, origine et essence du mental.
I. Que désigne-t-on par mental ?
– Lorsqu’on observe le fonctionnement de l’être humain, un flux incessant de pensées génère un courant incessant d’émotions qui alimentent à leurs tours, le flot des pensées. Le cycle fonctionne en boucle et s’auto alimente lui-même de façon quasi ininterrompue du matin au soir.
– Ces pensées sont engendrées par les stimulations de la vie qui entrent en contact avec des prédispositions chez la personne : chaque perception engendre une attraction, si elle est jugée comme favorable, ou une répulsion, si elle est jugée comme défavorable.
Il s’en suit une série de réactions intérieures et extérieures qui empêchent un réel contact avec l’environnement : la personne est prise en otage et ne vit plus librement dans l’instant.
– La conséquence principale est que l’homme, la femme ne vivent plus dans le monde mais dans « leur monde » de peurs et de désirs.
– Les prédispositions proviennent d’empreintes du passé (Samskara, Vasana).
II. Origine du mental ?
1. Histoire de la création de l’ego.
– Atterrissage sur terre : le nourrisson est pur être jusqu’à quelques mois.
– Peu à peu, le sens de l’égo apparait légitimement et avec celui-ci, le sens de la séparation: image du paradis perdu.
– Celui-ci se forme en 7 ans, jusqu’à l’âge de raison, en lien avec le mental. A chaque année, correspond la formation d’un chakra principal.
– L’égo est indispensable sur terre: il est important que l’enfant ait un sens de son individuation. Par exemple, qu’il réponde à son prénom.
– Au sens, de l’ego s’associe la pensée qui est utile, elle permet de prévoir une action et de la préparer de façon adéquate dans l’avenir : demain, je vais à Rennes, j’achète ce soir mon billet sur internet. La dernière fois que j’ai été à cette adresse, je n’ai pas pu me garer : j’y vais en métro.
2. La création du mental.
– Au fil des premières années, avec le sens de l’ego qui se développe, vont se produire des évènements plus ou moins traumatiques. L’environnement de l’enfant va se révéler par moment maladroit, blessant voir agressif. L’enfant passe à côté d’un chien qui lui aboie dessus brusquement, une nourrice à bout de nerf se décharge sur lui, un camarade d’école vole un jouet…
– Ces expériences inévitables vont laisser des traces (des affects au sens freudien) comme des mini « bombes à retardement » prêtes à se déclencher lorsqu’un évènement similaire se produira. Pour reprendre l’exemple du chien, l’enfant, devenu adulte, aura le ventre qui se serrera et se sentira en danger à chaque fois qu’il passera près d’un chien ressemblant, sans même en être conscient : si l’évènement traumatique a été oublié par le conscient, l’inconscient, lui n’oublie pas…
– La personne va se retrouver au fil des ans avec de très nombreuses blessures prêtent à se réveiller et à engendrer des pensées parasites et des comportements inadéquats, les germes du mental sont plantés…
3. La pérennisation du mental.
– Ainsi, les années s’écoulent et de façon légitime, la personne va chercher enfouir toutes ses blessures à travers des masques. Sa construction psychologique et fonctionnelle sera fait d’une suite de réajustements au fil du temps pour calfeutrer davantage, la ou les blessures d’origines.
– Celles-ci vont bien sûr suinter et se manifester, entre autres, dans les rêves, les lapsus, les actes manqués.
– Les blessures seront toujours sous-jacente à la manifestation de la personne confrontée à la réalité de sa vie.
– Si elles sont trop présentes, à fleur de peaux, l’individu va s’évader dans ses pensées, ses émotions, le mental sera roi.
III. Qualification du mental.
1. L’irréalité du mental.
Swami Shivananda : « Le mental est un « petit quelque chose » qui réellement n’est rien mais qui pourtant fait tout ».
– Nombreuses sont les citations qui pointent vers cette direction: le mental est une pure illusion et pourtant c’est le prince de ce monde.
– Il agit comme un virus informatique qui a pris les commande de l’ordinateur central de la personne et dont le seul but est de se pérenniser en utilisant toutes les ressources possibles de son hôte, sans tenir compte de l’environnement.
– Ses modalités d’action principales sont de débrancher la personne de son cœur, de ses ressentis physiques pour qu’elle ne soit plus en lien avec la réalité, puis d’installer ses logiciels mentaux de façon à asservir la pensée de la personne et lui faire faire des actions visant à conforter son règne.
– Alors, seule l’irréalité à le droit de citer, comme dans un régime dictatorial où la seule réalité est celle dictée par le pouvoir.
– Pour ce faire, il injecte judicieusement une goutte de véracité dans la falsification totale de la réalité qu’il fabrique de façon à rendre authentique sa réalité frauduleuse.
– Une multitude de petits logiciels en nous sont à son service, ils éteignent à la base toute tentative de lucidité, de discrimination.
2. Exemple concret anodin, la nourriture…
Le mental intervient dans les modalités de nos existences comme par exemple notre rapport à celle-ci.
Voici une petite liste non exhaustive :
– Il empêche de ne pas manger lorsqu’on a pas faim, en « squeezant » le signal divin de la faim, par une phrase mentale du genre : « j’en ai besoin… ».
– Il empêche de s’arrêter de manger lorsqu’on a plus faim, en « shuntant » le signal divin de la satiété : « J’ai bien le droit de ma faire plaisir… »
– Il permet de manger tranquillement des poisons pour le corps comme des sucres rapides, biocide du corps : « J’ai besoin de réconfort… ».
– Il permet d’acheter ce qui ne convient pas au corps, alors « qu’acheter égale manger », par un mensonge géant du type : « Je serai raisonnable cette fois-ci, je saurai me limiter! ».
– Il conforte une personne obèse de 100 Kg, dans le fait continuer à manger des frites et des quantités de viandes rouge déraisonnables qui lui bouchent de façon inexorable les artères : « je suis fatigué, j’ai besoin de protéine et d’énergie ! »
– Et une longue suite de justification cousus de fil blanc…
La mare aux nénuphars
Me promenant le long d’une rivière nonchalante, de magnifiques fleurs de lotus s’offrent au regard.
Leurs feuilles en forme de cœur flottent au gré des vagues, chantant en cœur, leur grandeur, leur décadence.
Ce petit continent végétal, caressé par les rayons d’un soleil généreux, ondule paresseusement, invitation à s’en rapprocher tout près.
Quelques fleurs de lotus du fond de la mare, profitent de la transparence d’une eau permissive pour exhiber leurs couleurs. D’autres affleurent à sa surface, d’autres encore, se hissent promptement hors de l’eau, avides d’orienter leurs pétales vers les rayons du soleil…
Cette fresque flottante m’évoque alors une magnifique image de l’Inde, celle du nénuphar qui nait dans la boue au fond de la mare :
« Celui-ci s’extirpe progressivement du fond vaseux pour traverser l’eau boueuse de la profondeur. Dans sa trajectoire ascendante, il se dirige peu à peu vers une eau plus claire. Il persévère et poursuit son chemin vers la surface, l’eau devient de plus en plus transparente…
Sa persévérance est récompensée, il transperce enfin la surface et se hisse hors de l’eau.
Il quitte alors son eau trouble du passé, au-delà de ses répulsions, au-delà de ses attractions.
Il devient libéré de ses propres fonds envasés, il s’émancipe de cette même eau trouble qui jadis l’emprisonnait, un autre chemin commence, celui du retour à la lumière.
Ainsi, inspiré dorénavant par les rayons du soleil, il finit victorieusement sa route en s’abandonnant complètement. En cet abandon, il meurt à sa trajectoire et peut alors enfin déployer ses pétales à la lumière de la vie. »
Cette histoire se donne bien volontiers à la pensée : ce nénuphar errant du fond à la surface, c’est notre plausible évolution sur terre, cette mare de nénuphars en étant l’humanité.
Pendant bien longtemps, nous ondulons aux rythmes de l’eau de nos pulsions.
Mais, sous la surface de ces ondulations, au-delà de cette condition de lotus, nous avons tous une lumière, si ténue au départ, la lumière d’un tout petit nénuphar enfoui dans la vase.
Affublé de persévérance, de courage et de la Connaissance qu’il y a quelque part une Lumière, peu à peu, la plante des fonds va se développer, frayer son chemin, finir par surgir de l’eau pour pouvoir enfin s’ouvrir.
Ces trois-là, la persévérance, le courage et la connaissance, sont les indispensables ingrédients de l’alchimie terrestre qui fait croitre la « pâte humaine » de sa condition animale jusqu’à sa condition divine, arrosée alors par les rayons de Sa lumière profonde.
Il s’agit de se laisser être, comme porté par le cours de la rivière, celle-ci ramène inéluctablement à l’océan comme notre nénuphar est ramené tranquillement vers la lumière du soleil : il n’y a rien à faire pour Être…
Pouvons-nous tirer Sagesse de cette image ?
Ainsi, pourquoi ne pas laisser cette fleur si symbolique, nous montrer le chemin : se diriger sans résister vers ce qui nous attend inévitablement, la lumière de notre soleil intérieur, la lumière de notre profondeur, la lumière du divin ?
Solesmes juillet 2024, puis Les Essart, juillet 2025.
Le chant des âmes.
Le « Petit crème » est un café proche de l’église de St Eustache à Paris.
Il orne le début de la rue Montorgueil et les passants qui s’y invitent découvrent une décoration fleurie par des plantes certes séchées mais point desséchées : celles-ci n’ont pas encore dit leur dernier mot.
De nombreuses tables accueillent des destinées bien remplies qui viennent égrainer quelques soupirs sur ces tables aux oreilles jamais lassées.
Un son, qu’il serait tentant d’appeler brouhaha, se répand généreusement au sein d’un haut plafond accueillant.
Si cette sonorité ne semble guère adéquate en une première écoute, c’est que l’âme y cherche légitimement l’harmonie. Point d’harmonie plausible en cette chorale improvisée au sein de laquelle chacun s’invite et prend congé au rythme des petits crèmes.
Ainsi, l’oreille pourrait avoir légitimement tendance à protester, mais à mieux écouter avec cœur, un chant des âmes finit par se faire connaitre…
Comment pourrait-il dissoner dès lors que chacun chante sincèrement sa juste partition en se perdant dans le regard de l’autre ?
La porte de l’âme reconnait en tout son, une harmonie inhérente : la personne qui s’exprime donne en réalité à lire de sa nostalgie d’une âme perdue qu’il cherche, sans le savoir, dans les yeux sans fond de son interlocuteur…
En cela, ces multiples sonorités deviennent touchantes, tant elles désignent des cris d’espoir à contacter l’âme sœur égarée en un autre temps.
Ainsi, point de drame sonore en cette cohue d’octaves improvisés, juste l’errance humaine quotidienne de chercher vainement à se trouver dans sa propre parole et le regard de l’autre.
Peut-on avoir le courage de cesser de s’y essayer ?
Alors, en cet instant héroïque, où l’être humain se retire de la vaine tentative de se ressentir par ce biais, il devient possible d’écouter son propre son, ses inévitables dissonances humaines munies de leur monde intérieur d’ombres.
En ce maintenant, je le com-prends : pour survivre comme je le peux, il me s’agit d’éviter une intériorité remplie de monstres d’un conte d’enfant que je me raconte : en cette narration d’effroi, se réactive l’incessante vaineté de camoufler une réalité intérieure qui ne cessera jamais de me harceler tant qu’un regard de Lumière ne l’aura pas consolée.
Sinon, elle sera la créancière intérieure de mes journées, de mes nuits, de mon passé et de mon futur en un harcèlement continuellement renouvelé.
Ayant compris cela, l’héroïne, le héros accepte de descendre en son Hadès, alors certainement son âme remontera victorieuse de la plus grande bataille de tous les temps, celle de la victoire de l’humanité sur ses parts d’ombres intérieures.
Villa Magnier, 25 novembre 2025.
La colère
La colère ne se présente pas, elle s’insinue sournoisement en nos intimes rivières intérieures.
Elle irrigue généreusement tout ce que notre humanité compte de frustrations et d’insatisfactions, ressuscitant alors ses meilleurs amis, le ressentiment et la vengeance.
La colère est mère de tous les abus et le colérique en est aussi victime : ses souhaits les plus sincères de participer à l’harmonie du monde seront hypothéqués par un endémique courroux promesse d’un bien triste sort.
Dépassé par lui-même, à peine le colérique a-t-il ouvert la bouche, que toute calamité terrestre en surgit pour un festin délétère : les meilleurs intentions auront alors été comme dissoutes par un torrent grondant de maux qui, s’immisçant dans ses mots, engendrera des réparties bien regrettables.
Il faudra ensuite que les plus éminents diplomates s’escriment à tenter d’effacer ces mots de trop.
Se laisser emporter par sa colère, c’est la valider : il est de ces alliances dont il faut se défier, lorsqu’elles se réalisent, l’on s’aperçoit trop tard de notre erreur. Alors au crépuscule de nos journées, une profonde terreur intérieure, alimentée par d’amères regrets, nous le rappellera.
C’est étonnant en cette terre, la facilité de quelques nuages à masquer le plus resplendissant des soleils : puisses-tu m’abandonner, état colérique, pour que retrouvant ma Lumière, je goute enfin la Paix ?
Depuis sa création, l’humanité se débat avec cette huitième plaies d’Egypte, elle finira peut-être par apprendre ce que les Sages murmurent depuis toujours :
« Colère, je le sais maintenant que je te connais depuis si longtemps, il ne faut point te rejeter mais plutôt te comprendre, car te comprendre, c’est te dissiper et te dissiper c’est laisser enfin passer la Lumière, toujours là, de tout temps ».
Saintes, octobre 2026.
Le cadeau des larmes
Les larmes sont un cadeau divin.
Elles sont une initiation en un monde bien mystérieux, l’intimité humaine.
Elles rayonnent comme une invitation à y retrouver l’étincelle divine déposée secrètement en elle par les dieux : il en aura fallu une éternité à l’Eternité pour que ces perles salées délivrent leurs secrets.
Cependant, entrer en intimité avec soi-même, n’est-ce pas risquer de ne jamais en sortir, errant en des terres infinies ?
Peut-être, mais c’est aussi surement le passage incontournable pour retrouver nos diamants enfouis, notre lumière que nous cherchons vainement en des lieux extérieurs, stériles d’eux-mêmes.
Douces amies, elles accompagnent ces moments tourmentés où se dérobent en nous nos certitudes. En cette abime, pas de risque de s’abimer, simplement de recouvrer de cette humanité qui, le plus souvent, fait bien défaut en ce monde.
Ami(e)s, laisse-toi pleurer, non pas sur ton triste sort, mais sur ta joyeuse mort, celle du vieille homme, de la vieille femme qui étouffent d’eux-mêmes.
Puisses-tu laisser ce nectar de tes yeux, éroder bien des censeurs en toi, ton visage délavé sera alors la promesse de ton aube inévitable.
L’eau est la source de la vie, tes larmes sont ta source d’immortalité, tant qu’elles visitent ton visage, la mort ne peut s’approcher : effrayée, elle s’écarte devant tant de sensibilité, elle, qui se nourrit de rivières desséchées.
Alors, au fil des temps de chagrins, elles vont dessiner bien des affluents sur ton visage qui raconteront ton histoire, celle de la faculté de pleurer, une des plus grande beauté de l’être humain.
Si les yeux sont les portes de l’âme, les larmes en sont les clefs : sans celles-ci l’accès en nos mondes intérieurs n’est guère possible. Ces mondes que nous pensons immondes, nous devrons les conquérir en une alliance sacrée permettant de nous retrouver.
Ainsi, en ce regard embué, se trouve l’espoir d’une nouvelle terre enfin irriguée par l’Amour, Corne d’abondance de l’univers.
Villa Magnier, Septembre 2026.
Les injonctions du passé.
Les injonctions du passé sont de vrais tyrans.
Aux aguets, toujours présentes, elles ont ce dont particulier de savoir décocher, en temps voulu, la flèche félonne de la culpabilité.
C’est pour elle, un acte aisé que celui-ci et leur générosité n’a d’égal que leur aisance à tourmenter l’âme qui, quoiqu’elle fasse, est déclarée insuffisante.
Sans état d’âme, elles délivrent leur verdict comme une vérité qui en fait, n’a de véracité que la tromperie.
C’est un vrai massacre que cette extinction de toute créativité, de tout espoir d’évoluer. Certainement, le diable, vendrait à prix d’or le désespoir ainsi engendré tant son pouvoir de nuisance est avéré.
Affairées à survivre à tout prix, elles se transmettent de génération en génération et de cette fécondité-là, les humains se passeraient bien.
Ce matin, je t’ai vu, injonction du passé, bien que, comme à ton habitude, tu te sois avancée masquée.
Je t’ai vu me mentir, j’ai surpris le fiel dans tes yeux, au moment même, où tu me tendais la perche de l’insuffisance comme une amie dont on attend légitimement une main secourable alors même qu’elle prépare le germe de notre ruine.
Il faudra s’en souvenir de ce moment-là et savoir reconnaître ce sourire félon qui déjà murmure de bien mauvais présages à celle ou celui qui le prend comme un allié.
Tout pas vers moi, injonction du passé, est celui d’une trahison annoncée et tes larmes de compassion n’ont pour but que d’irriguer mon affliction.
Ainsi, je souhaite désormais te garder loin de mon cœur, écœuré de tes manipulations, je souhaite la guérison. Je vais laisser les plaies du passé se refermer définitivement et ne plus te laisser les raviver.
Je le sais, ces plaies coulent en mon sang, mais il est des alliances qui transforment des torrents de boue en eaux scintillantes de lumière.
Ce matin, une alliance vient de se sceller en mon âme, en ce lieu sacré d’une cellule de moine, de telle sorte, que dorénavant, tu devras rester là d’où tu viens : un passé antérieur sans présent.
Désormais, tu régneras sur le temps de l’avant, celui même qui n’existe plus, condamnée ainsi à errer sur un territoire disparu : celui des injonctions du passé maintenant trépassé.
Sélignac, Aout 2025.
La lumière n’a pas d’états d’âme, elle éclaire tout, ignorant le soi-disant beau, le soi-disant laid.
Le poète, l’écrivain, l’artiste inspiré ne peut connaitre l’orgueil,
il connait le véritable créateur.
La solitude d’un éveil.
Le soleil dévoile ses premiers rayons bien doux, l’humanité s’éveille…
En moi, ce matin, un brouillard de pensées est confortablement installé, il est de ceux, désespérant, qui ne se lèveront pas de la matinée.
Tranquille de sa persistance assurée, il badine conscient que cette journée est sienne : il va pouvoir régner sur ce royaume sans roi, ses fidèles hordes de pensées vont pouvoir s’enchainer, déchainées…
Ces non invités, se sont accaparés ma terre sainte sans complexe, ils sont partout, envahisseur envahissant. Qui sont-ils ces petits seigneurs ivrent de leurs certitudes ?
Assister à cette incroyable intrusion est un spectacle saisissant, les indésirables surgissent continuellement les unes après les autres, sans que personne semble s’en inquiéter !
Que se passe-t-il en ce royaume désolé, en ce territoire délaissée ?
Sacré phénomène que cette pensée sans consistance qui donne cependant l’impression d’exister et régente ainsi bien des destinés.
Etonnant ce roi, vagabond de s’être embarrassé du sens de la séparation, errant alors en ses terres imaginées, comme étanche à l’univers.
Pendant ce temps, les déités s’amusent de ces improbables terriens…
Depuis l’aube des temps, l’humanité s’agite en de vains conflits de toutes échelles, en cette humanité là, pas plus de conscience que le torrent de lave qui gronde en moi, affairé à se déverser sur les pans de ma montagne sacrée.
Il faut le savoir, pas de liberté en cette terre, pour toute personne habitée d’une lave bouillonnante d’émotions dans la turbulence d’un flot ininterrompu de pensées : celles-ci avalent toute velléité de conscience sur leur passage en un roulement de tambour sans loi, ni foi.
Souvent un sentiment d’injustice s’indigne devant toutes les malédictions qui semblent s’abattre sur notre planète, pourtant si bleue:
« Cela ne peut-il pas changer, pourrait-on enfin cesser de s’anéantir sur terre ? »
« Que font les autorités cosmiques suprêmes ? »
La Sagesse est convoquée, se déclarant innocente, elle évoque les pages d’une histoire déjà écrite, celle d’une humanité somnolente où les protagonistes rêvent qu’ils vivent alors qu’ils vivent le rêve. Elle tente de se faire entendre en ce tumulte en une injonction salvatrice:
« Au lieu de te lamenter, juste, éveille-toi de cette illusion ! »
Agir à l’intérieur du rêve, c’est rêver d’agir, s’éveiller du rêve, c’est agir sans rêver.
En ce lieu, d’un être humain qui se réveille, l’harmonie retrouve sa liberté. Pour la libérer, point besoin d’armées qui portent déjà en elles les germes du prochain rêve, juste se désarmer d’illusions et alors la captive se manifeste en une désarmante évidence.
Puisque « tout est là », pourquoi ne pas y revenir, pourquoi ne pas sortir de ce rêve alors que se rapprocher du non-rêve pour quelques instants est juste affligeant ?
Il semblerait que l’être humain ait le choix, cela s’appellerait le libre arbitre…
En ce choix de retrouver Vie, se manifeste aussi le lieu d’une solitude absolue, celle de ne pas pouvoir partager ces instants d’éternité, ce solutionnement évident à toutes les calamités terrestres.
Ces instants de solitude lumineuse ultime, est-cela s’Eveiller ?
Sélignac, juillet 2025, Villa Magnier Aout 2026
