J’aime l’Indicible en sa façon de rendre l’invisible, si présent.
En cette vie, il délivre en nos journées, ses graines d’immortalité.
Il est maitre du temps que lui seul sait figer, alors les larmes amères d’une vie qui se dérobe, s’offrent en diamants si purs que l’éternité vient s’y loger.
Bien sûr, chercher à te capturer est bien vain, car toute main avide s’approchant de toi, restera inexorablement vide.
Il faut savoir-être patient, libre de vouloir Te connaitre. Alors, en ton temps, Tu t’abandonnes.
Comment fais-tu, Toi, l’indicible, qui semble si frêle et fugace pour contenir tant, que tu remplis tout en ta rencontre mystérieuse ?
A chaque instant, Tu es là et sans lassitude, tu te donnes à un regard embrassant ; cependant bien trop de ceux que tu croises ne s’embarrassent pas de te rencontrer, trop occupés en leurs pensées.
Manquer ce rendez-vous intime avec Toi, c’est se perdre en des gouffres intérieurs plus vastes que cet univers. Il faudrait bien des formules sur bien des tableaux pour tenter vainement de Te décrire, encore une fois, Tu échapperas à tout sens de la formule.
Étrange obsession en cette terre, que de vouloir saisir l’instant qui par nature ne peut s’offrir dans le temps. A ce moment même, où la main d’une âme désespérée pense s’être agrippée à une lueur d’éternité, celle-ci se dérobe déjà livrée au passé.
Pour te rencontrer, il faut Te rejoindre, avancer des pas incertains vers nos continents intimes, vierges de tout regard. S’extraire d’une tenace cécité et laisser contempler, ce qui se cache en nous à toute vision prédatrice.
Alors, s’ouvriront en notre intimité tous ces coffres, jusqu’à ce jour, bien muets : ces trésors vainement cherchés dans nos errances multiples, se livreront dès le premier instant.
En une boite de Pandore vertueuse, notre destiné, qui nous attends de tout temps, pourra enfin se révéler, celle-ci même que les hommes n’osent plus espérer.
C’est en ces terres libérées en nous, que le Phénix renait de ses cendres et sa lueur restaurée, nous éclairera pour l’éternité, celle-ci même qui nous échappe depuis toujours.
Juste comprendre : «L’indicible s’offre à ceux qui se meurt en sa rencontre ».
Villa Magnier, juillet 2025
